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C’est après Rio que tout se joue

Un entretien avec Serge Antoine

Source :  Naturellement N°44  1992

Serge Antoine, l’un des initiateurs de la politique de l’environnement en France est responsable de la mission environnement-développement du Ministère de l’Environnement.
Il participait déjà en 1972 à la Conférence de Stockholm à la tête de la délégation des fonctionnaires français.
Durant ces deux dernières années, il a fait partie de l’équipe des Nations Unies qui a préparé le sommet de Rio sous la direction de Maurice Strong.
Il était présent le 8 octobre à Pantin à la première de la série de conférences, comptes-rendus du Sommet de Rio entreprise par le MNLE à travers le pays.
Il répond à nos questions.

• Comment est né le projet de réunir la Conférence de Rio ?

• Le Sommet Planète-Terre de Rio n’était pas la première conférence thématique des Nations Unies à traiter de l’environnement. Elle ne sera pas la dernière. Il s’en tient plusieurs par an, comme par exemple celle qui s’est tenue à Paris, l’année dernière sur les forêts. Mais de grandes comme celle-là, il n’y en a eu qu’une : celle de Stockholm en 1972, il y a vingt ans. Première à traiter de l’environnement, elle fut moins importante que celle de Rio par le nombre des participants et des chefs d’Etats présents. Elle fut surtout différente parce qu’ouverte sur l’environnement et pas sur le développement a priori. Mais un grand mouvement de réflexion était lancé.
A partir de 1984, la commission dite « notre avenir à tous » présidée par Madame Gro Brundtland allait travailler pendant plus de trois ans, montrer les relations entre l’économique et l’écologique, proposer la stratégie du « développement soutenable » et provoquer, en 1988, la convocation de la conférence de Rio par l’Assemblée générale des Nations Unies pour le mois de juin 1992.

• Rio, ça n’était tout de même pas une conférence ordinaire.

• C’est vrai : les chefs d’Etat ou de gouvernement étaient présents eux-mêmes. Pas tous bien sûr. Le premier ministre japonais avait la grippe. Les pays de l’Est, occupés par la crise qu’ils connaissent ont un peu abandonné la vie internationale. Mais il y en eut cent dix ! Quant aux Etats-Unis, si Bush était bien là, on doit dire que durant quatre ans son administration, assez hostile, n’avait rien fait pour aider à la réussite de la Conférence.
Mais ce qui est très important c’est que, pour la première fois, des forces constituées autres que celles des Etats étaient présentes. Trois cent maires de grandes villes sont venus, dont, pour la France, ceux de Lille, de Marseille, de Lyon par exemple ce qui n’est déjà pas mal. De nombreuses entreprises aussi. La présence de certaines n’était certes pas toujours méritée par l’action passée. Mais ce qui compte c’est l’avenir. Prise de conscience de leurs responsabilités ? Recherche de marchés nouveaux ? Elles avaient du moins le mérite d’être là alors qu’à Stockholm, il n’y en avait pas une. Les organisations non gouvernementales (les ONG) enfin. Quasiment absentes de Stockholm parce que, pour la plupart, elles n’existaient pas, elles ont été très présentes à Rio.
Elles se sont beaucoup exprimées, parfois en amateur. Mais elles ont témoigné pour la société civile dans sa diversité. Et, par elles (on en a compté plus de sept cent cinquante) les peuples étaient présents à la Conférence.

• Une conférence à la préparation de laquelle vous avez été étroitement associé.

• Une équipe d’une trentaine de personnes y a travaillé, installée dans une petite maison de Genève. C’est là que je les ai rejoints en tant que conseiller spécial et que j’ai collaboré avec Maurice Strong qui avait reçu des Nations Unies le mandat de diriger cette équipe. Nous devions travailler en même temps sur l’environnement ET sur le développement.
C’est ce qui a conduit la Conférence de Rio, au contraire de celle de Stockholm, à ne pas traiter seulement de la protection de la nature, de la sauvegarde des espèces, de la protection des océans, etc. mais à lier ces problèmes aux phénomènes socio-économiques, par exemple au manque de moyens de subsistance de populations entières : la pauvreté a été au cœur des débats de Rio.

• D’où l’importance de cette idée forte : le développement soutenable.

• Soutenable, durable, viable … le mot anglais « sustainable » est difficile à traduire. Mais ce qui est important c’est la chose. Ce concept ne rentrera pas dans les mentalités en un jour mais il ne faut pas se lasser de l’expliquer.
Il a fallu vingt ans pour s’apercevoir que parler d’environnement constitue une véritable révolution culturelle. On nous disait à l’époque « l’environnement, ce n’est pas une priorité, c’est un mot américain : et dites-nous d’abord ce que ça veut dire. »
Si en 1969, il n’y avait pas eu un académicien (il s’agissait de Louis Armand), qui avait proclamé « droit de cité » pour l’environnement, la France bourgeoise et frileuse aurait continué à refuser le mot avec des haussements d’épaule : « ça ne vient pas de chez nous … »
Maintenant c’est le « développement durable » qu’il nous faut comprendre et apprendre.
Pour donner une image simple du « développement », j’aime bien faire référence à la manière dont la France a cultivé son jardin durant des siècles ; défriché des forêts, aménagé l’espace avec un souci implicite de la durée presqu’incroyable.
Aujourd’hui, en Amérique du Sud, dans l’ex-URSS, en Afrique, des terres sont surexploitées sans que l’on ait conscience qu’il aurait fallu jouer sur un siècle et que la nature ne se plie pas à toutes nos productivités.
Malgré l’ampleur des problèmes mondiaux qui m’effraie, je reste optimiste quand je vois les générations nouvelles mieux prendre en compte cette exigence de la durée que nous il y a trente ans.
Il faut qu’encore plus rapidement les esprits se transforment. C’est aussi une question d’éducation et je regrette que ce problème ait peu été abordé à Rio.

• Est-ce le seul problème qui vous semble avoir été oublié ?

• Un autre problème a été, dit-on, peu discuté parce qu’il n’était pas dans le mandat que nous avions reçu. C’est celui de l’explosion démographique. Mais on s’y est référé plus qu’à Stockholm, il y a vingt ans, et Rio la population mondiale a augmenté d’un milliard et demi d’habitants.
On prévoit que cette population se stabilisera peut-être, vers 2100, à la fin du XXIe siècle, entre dix et quatorze milliards d’individus (en ce moment, nous sommes en train de passer de cinq à six milliards).
La ville n’était pas non plus dan le mandat. Or, cette population mondiale sera, pour plus de la moitié, regroupée dans des villes (chiffre d’ailleurs déjà largement dépassé dans un pays comme le nôtre). On n’arrêtera pas ce mouvement d’urbanisation qui n’et d’ailleurs pas négatif par nature. L’exemple du bassin méditerranéen que je connais bien (1) montre que le progrès des civilisations a été marqué par l’essor des villes. Elles permettent, à population égale et à condition que l’on y mette les moyens, de gérer les pollutions parfois plus facilement que dans les campagnes à l’habitat parsemé. Mais ce qui est terrifiant c’est l’apparition de villes de trente millions d’habitants comme Le Caire, Mexico, Istambul … Leur taille les rend quasi impossibles à gérer. Il faut orienter les mouvements de population vers les villes moyennes, mais cela pose le problème d’un aménagement d’un territoire réellement maîtrisé et efficace, ce qu’aucun pays au monde n’a encore réussi …

• Des raisons peut-être, parmi d’autres, qui expliquent la tonalité très sceptique des commentaires que l’on a pu entendre sur les résultats de Rio.

• C’est vrai. Mais ce qui a le plus manqué à Rio ce sont les engagements financiers des Etats les plus nantis. On aurait pu espérer un peu plus de générosité, de solidarité. Un supplément de deux milliards de dollars a été promis sur les soixante dix espérés. L’important, tout de même, c’est la dynamique qui est née : plusieurs pays ont confirmé qu’avant l’an 2000 ils consacreraient 0.7 % de leur PNB au Tiers Monde. Sur ce point, la France a été « allante » : elle s’est engagée à faire passer son aide publique de 0.56 % actuellement à 1% avant l’an 2000. C’est daté et concret.
Autre point : certains ont regretté que l’on ait « fabriqué du droit » sans pouvoir sanctionner ceux qui ne respectent ni lois ni règlements.
Sans doute est-ce pour tout cela que les media ont été parfois sévères. Mais, pour la création d’un gouvernement mondial ou, en tout cas, d’un système de gestion planétaire ne soyons pas à ce point impatients : il a fallu, plusieurs siècles à la nation pour se forger … On devrait plutôt retenir que cette conférence a été le résultat de quatre ans d’une préparation fantastique comme je n’en ai, moi, jamais vue. Et que l’important c’est l’après Rio. C’est là que va tout se jouer.
Je voudrais bien que les détracteurs de Rio regardent de près les huit cent pages de « l’Agenda 21 ». A côté de quelques vœux pieux, c’est vrai, ce document contient des choses extrêmement précises et importantes sur ce qui devrait se passer dans les vingt prochaines années et sur ce qui devrait être fait. Mais « l’Agenda 21 » n’est pas encore diffusé et j’aimerais que le MNLE essaie de le rendre accessible et de le populariser comme il a su le faire pour le rapport « Notre avenir à tous ».

• Comment voyez-vous se dessiner cet après-Rio ?

• Vous savez qu’en général, quand une grande conférence des Nations Unies se termine, on crée une nouvelle structure. Après Stockholm, par exemple, on a créé le Programme des Nations Unies pour l’environnement (le PNUE) avec environ cinq cent fonctionnaires basés à Nairobi.
Après Rio et face à un sujet aussi vaste, on a compris qu’on ne pouvait pas créer encore une institution spécialisée. Ce qui va être mis en place, c’est un organe politique de coordination, de synthèse et de surveillance. Ce sera la « Commission du développement durable ». Et l’on a eu raison car ce qui va être fondamental, c’est ce qui sera fait au niveau de chaque pays, de chaque Etat, de chacune des agences des Nations Unies. (une main de fer sera nécessaire pour éviter la dispersion !). C’est à ces niveaux que la balle est maintenant lancée.
Un exemple : à peine les bougies de Rio éteintes, j’ai été invité au Ministère de la Recherche. Il a réorienté certains programmes. Des décisions ont été prises et j’y ai entendu ceci « à partir de maintenant les chercheurs français en mission en Amérique Latine, en Afrique ou ailleurs ne travailleront plus que si c’est en liaison étroite avec les chercheurs des pays partenaires ».
Autre exemple : dès le 20 juillet les représentants des grandes villes du monde se sont réunis à Montréal pour regrouper si possible les actions des maires de ces villes et de celles qui ont décidé de lancer des programmes municipaux d’environnement et de développement durable.
Voilà des décisions importantes et concrètes. Comme celle que le MNLE a prise d’organiser des conférences-comptes rendus de Rio et qui me vaut d’être à Pantin ce 8 octobre.
C’est très rare qu’une conférence internationale ait de tels prolongements, et cela me rend plutôt optimiste.

• Optimiste sans conditions ?

• Non ! cela implique plusieurs choses. D’abord, que l’on regarde la réalité en face. Le tiers-monde s’enfonce depuis dix ans dans un système d’échanges de plus en plus dégradé. Les pays développés, le « Nord », reprennent d’une main ce qu’ils donnent de l’autre et contraignent certains pays à surexploiter leurs ressources en y aggravant la pauvreté. C’est un problème absolument énorme qui conditionne tout ce que peuvent faire ces pays.
Ensuite, il faut que des décisions financières concrètes soient prises. Il ne sert à rien de prendre des résolutions, même excellentes, si les moyens ne suivent pas. Enfin, il est important que nous fassions tous l’effort de voir dans notre propre vie, dans nos entreprises, dans nos administrations ce que nous pouvons faire pour corriger l’état de la Planète. Ça n’est pas simple tant, à cette échelle, les problèmes semblent nous dépasser, mais c’est indispensable.
Economiser les ressources, l’énergie, moins polluer même si, à première vue, cela peut sembler contraignant, cela peut aussi beaucoup rapporter ! Ce qui est en jeu, c’est la survie de la Planète et la vie des millions de jeunes supplémentaires qui arrivent, chaque année, sur le marché du travail des pays les plus pauvres … ou les plus frappés par le chômage.

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(1) Serge Antoine est très impliqué dans l’avenir du bassin méditerranéen. Il est à l’origine de l’élaboration du « Plan bleu » et l’un des artisans de la convention de Barcelone entre les 18 Etats riverains (NDLR).

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Au sommet ‘Planète terre’ René Dubos aurait dû être présent

Auteur : Serge Antoine

Source : Ingénieurs de la vie. Février 1992

 

Conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Serge Antoine a été à l’origine des premières structures françaises de l’environnement dès 1967. Responsable, au Ministère de l’Environnement, de la Recherche puis des Affaires internationales, il est aujourd’hui conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la Conférence mondiale environnement-développement (CNUED ou UNCED).
Serge Antoine rédige actuellement le 2e tome d’une anthologie des auteurs francophones ayant ouvert la voie à l’environnement. René Dubos y figure en bonne place au rang des pionniers. C’est pourquoi il a accepté aussitôt de nous adresser, alors que nous achevions la rédaction de ce spécial à la fin de février, le présent témoignage de son admiration pour celui qui, plus que tout autre, « aurait dû être » au Sommet de Rio, trois mois plus tard.

Le destin est ingrat. Il fait rater, à ceux qui devraient être là, les rendez-vous qu’ils auraient aimés et leur garde tout juste la place du souvenir. Peut-être est-ce une manière de nous interpeller pour faire quelque chose ? A nous de cultiver le souvenir suffisamment fort pour que René Dubos soit quand même bien là, par exemple, à Rio de Janeiro en juin prochain. Le « Sommet de la planète Terre » l’y attend, lui qui était, vingt ans auparavant, présent à la Conférence de Stockholm et à ses réunions préparatoires où je l’ai connu.

Car ce nouveau sommet sur l’Environnement – et le Développement, cette fois – ne peut pas avoir lieu sans lui. Sans cet homme qui rappelait sans cesse qu’il n’y aurait pas de politique d’environnement sans politique sociale, sans changements des comportements sociaux, et que la protection de la nature n’avait de sens qu’avec la société elle-même. Et qu’il fallait jouer à l’échelle du monde entier.

J’ai connu René Dubos, bien avant sa « célébration de la vie » et pas seul : avec Barbara Ward, pour qui j’ai traversé l’Atlantique pour une journée à Vancouver. Buckminster Fuller (1) pendant trois étés, si à l’aise dans le tridimensionnel autant que sur l’avenir du globe et, bien sûr, Margaret Mead (2), cette ethnologue, notre berger. Ces quatre, ensemble, se sont donnés tellement que ce fut une joie de les voir si enthousiastes préparer, bien en amont, ce rendez-vous de Stockholm avec une fraîcheur de jeunes militants.

Tous les quatre – dont aucun n’est aujourd’hui de ce monde – étaient en dialogue imperceptiblement permanent avec Maurice Strong, responsable de la Conférence de 1972, et à qui on a confié cette Conférence de Rio déjà baptisée « Sommet de la planète Terre » par ses enjeux, le nombre des grands leaders nationaux de 170 Etats et la présence de vingt à vingt cinq mille participants. Cette présence, inattendue pour les experts de la négociation internationale, était aussi, en 1972, l’un des atouts de la Conférence de Stockholm et il fallait y être pour voir toute une jeunesse d’alors peupler cette petite capitale scandinave, apportant avec eux leurs espoirs pour un monde meilleur.

René Dubos, et les trois autres, n’affectionnaient pas les tribunes officielles, ni les discussions des délégations nationales, ni les rouages de « l’establishment » international. Ils préféraient pousser, de toutes leurs forces, vers la nécessaire unanimité au niveau de la planète. Ils étaient là, pratiquement tous les soirs, au contact direct avec les jeunes, au long coucher du soleil nordique, pour dire au monde leur foi dans l’humanité que leurs craintes pour le « mal-environnement ».

René Dubos aura sa place à Rio, bien au-delà du jour anniversaire des 20 ans de la Première conférence, le 5 juin. Dans ce monde où les faits ne poussent pas les lucides à l’optimisme, quand il s’agit de la terre, des mers, de l’air et surtout des choses de la vie ; dans ce monde où le dialogue Nord-Sud est impitoyable et mal posé, un livre sera là, bien présent : Nous n’avons qu’une Terre, écrit par lui et par Barbara Ward, lady Jackson. L’optimisme obstiné des quatre piliers de Stockholm, les délégués en auront bien besoin aujourd’hui pour surmonter les craintes ou les timidités, alors que nous allons pourtant droit – mais trop lentement – vers un gouvernement mondial requis par l’inévitable nécessité d’une gestion mondiale de la terre.

Entre Stockholm et Rio, la devise a d’ailleurs évolué. Le « nous n’avons qu’une Terre » est devenu « la Terre entre nos mains. C’était le vœu de René Dubos qu’il en soit ainsi ; c’était aussi sa certitude : celle d’une profonde confiance dans l’homme, sûr qu’il choisira la voie de la raison. Rien, aucun monde en perdition n’était pour lui irrémédiablement perdu, même pas la ville dont on sait, depuis vingt ans, combien dans les mégapoles et les agglomérations du tiers monde au rythme de croissance accéléré – cinq fois au moins celui des Européens au plus fort du XIXe et du XXe siècles – elles implosent et échappent aux responsables. Incorrigiblement optimiste, René Dubos disait : « il faut stopper cette croyance quasi-universelle aux dangers de la vie citadine ».

René Dubos était à Paris en 1981 à ma demande pour les Assises internationales de l’environnement. Il y était venu avec son épouse, heureux d’être en France, dans un pays qu’il n’avait jamais renié ni, surtout, culturellement quitté. Une France pourtant, qui n’a jamais fait l’effort de le connaître et de reconnaître qu’il est, dans le monde contemporain, l’un de ceux auxquels l’environnement doit tout.

Il y était venu, comme toujours, avec sa modestie, à l’écoute de tous, attentif et jamais sûr de lui ; mais sûr des choix que l’homme prendrait en fin de compte et sans doute en temps utile. C’était déjà avancer le « principe de précaution », l’un de ceux qui seront reconnus à Rio. « Nous devons nous résoudre à devoir faire des choix et prendre des décisions sur des bases incomplètes de connaissance ». Son optimisme, il le fondait sur le constat que l’humanité évolue et qu’elle s’adapte vite. Tant pis pour les transitions : « tant du point de vue biologique que du point de vue social, l’expérience du père a de moins en moins de valeur pour le fils ».

Sa confiance en l’homme était très liée aux principes de liberté dont il fondait la vertu sur l’expérience des sociétés, attentif qu’il était au pluralisme du monde pourtant de plus en plus un : « l’immense diversité des aspirations sépare l’espèce humaine des autres espèces animales ». Dans le grand pari de l’homme, il partait gagnant sans, à aucun moment, songer à mettre en veilleuse la lucidité du scientifique et celle de l’homme de bon sens, jamais séparées chez lui : « il nous faut, disait-il, en concluant son intervention de 1981, le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté ».

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(1) (NDLR) Célèbre architecte américain à qui l’on doit notamment le Pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de Montréal, en 1967
(2) (NDLR) Elle présidait à l’époque, l’Institut des sciences pour l’information publique des Etats-Unis

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